Voici un interview paru dans La Gruyère du 11 juin 2016. Il a été réalisé par Quentin Dousse. Vous pouvez le lire ci-dessous:
"L'école italienne m'a permis de progresser"
Passée du FC Bâle à la Fiorentina durant l'hiver, Gaëlle Thalmann a vécu une saison riche en rebondissements. La gardienne bulloise dresse le bilan en attendant d'être fixée sur son avenir à la Viola.
La saison de tous les...contrastes. Voilà sans doute le qualificatif approprié pour résumer l'année de la gardienne Gaëlle Thalmann. La Bulloise, 30 ans, a passé l'âge de s'en faire pour une non-qualification, une blessure, un passage sur le banc ou encore un transfert à l'intersaison. Autant d'accrocs qu'elle a enchaînés en l'espace d'une année. Sous contrat avec la Fiorentina (neuf matches ce printemps) jusqu'au 30 juin, la Gruérienne revient sur les hauts et les bas de ces derniers mois. Elle évoque aussi son avenir en Toscane.
Comment avez-vous vécu ce changement de club à l'hiver, passant de Bâle à la Fiorentina?
Avec l'emploi dont je disposais à côté du football en Suisse et la formation que j'avais commencée, ce n'était pas prévu que je quitte le FC Bâle après seulement six mois. Mais, à Florence, le défi m'a tout de suite intéressée. L'été dernier, la Fiorentina a repris l'ACF Firenze à son nom, devenant ainsi le premier club de Serie A à disposer d'une équipe féminine. J'ai également retrouvé cinq joueuses qui furent mes coéquipières par le passé. Mon intégration a donc été facilitée. A la Viola (n.d.l.r.: surnom de la Fiorentina), j'ai découvert un encadrement que j'avais rarement vu ailleurs, avec notamment un docteur présent à chaque entraînement.
Quel bilan sportif tirez-vous du printemps de la Fiorentina?
Il est satisfaisant, pour les débuts de la Viola dans le football féminin. Même si, en terminant 3es du championnat, nous n'avons pas atteint l'objectif de la Ligue des champions. Pour ma part, j'ai dû assister aux deux derniers matches depuis le banc, sans réelle explication du staff. C'est frustrant de ne pas pouvoir apporter son expérience à l'équipe. Dans ces cas-là, il faut mettre son ego de côté, car je ne pouvais pas changer la décision du coach.
Comment jugez-vous votre évolution à titre personnel?
L'école italienne des gardiens a bonne réputation et je peux dire qu'elle m'a permis de progresser. J'ai reçu les conseils de Nicola Melani, qui avait entraîné Mattia Perrin (n.d.l.r. espoir italien, devenu troisième gardien de la Squadra Azzurra). Il m'a beaucoup fait travailler sur la capacité à être décisive à l'instant clé. Cela change du drill pratiqué en Allemagne. Avec lui, mais également avec Marisa Brunner du FC Bâle, je suis plus réactive dans mes sorties. Je lis mieux le jeu de manière générale et j'ai également progressé balle au pied.
Comme gardienne de l'équipe de Suisse, quelle image gardez-vous de cette saison?
Se qualifier pour l'Euro 2017 aux Pays-Bas est évidemment réjouissant. La satisfaction est d'autant plus grande que notre participation a été assurée au détriment de l'Italie, à deux parties de la fin des poules.
Néanmoins, ma blessure à la cuisse à la fin février m'a privée de la phase de qualification pour les Jeux Olympiques. Comme toutes les coéquipières, déçues d'être restées à quai, je rêvais d'aller à Rio et vivre ces émotions. Des émotions encore bien différentes d'une Coupe du monde, puisque j'aurais pu côtoyer des athlètes issus de toutes les disciplines. C'est une chance qui arrive rarement dans une carrière et, à mon âge, je ne sais pas si elle se représentera de nouveau. Cette non-qualification me laisse donc un goût amer.
Enfin, allez-vous poursuivre à la Fiorentina?
Le club s'est laissé quinze jours pour analyser et planifier l'avenir. Pour l'heure, il n'y a eu aucune discussion. J'ai envie de poursuivre à Florence. Il faudra toutefois voir si les conditions sont réunies, au niveau de l'effectif futur notamment.
Source: La Gruyère, 11.06.2016, Quentin Dousse.
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