Sur le site de la Radio Télévision Suisse, Jennifer Balmer a publié le 1er mars l'interview réalisée avec moi sur le tournoi de qualification aux JO de Rio. Vous pouvez le relire ci-dessous.
Foot: Gaëlle Thalmann ne veut pas laisser filer un billet pour Rio
Après avoir disputé la Coupe du monde l'été dernier, Gaëlle Thalmann vise désormais les JO de Rio. [Di Nolfi - Keystone] |
Participer aux Jeux olympiques cet été avec l'équipe de Suisse au Brésil où le football est roi, Gaëlle Thalmann en rêve. "Cela serait extraordinaire", avoue-t-elle. Afin d'obtenir leur précieux sésame pour le tournoi olympique, la gardienne fribourgeoise et ses coéquipières vont disputer des barrages qualificatifs aux Pays-Bas dès mercredi. Leurs trois matches seront à suivre sur RTSsport.ch.
Les Suissesses
commenceront contre les Néerlandaises à La Haye, puis défieront la Suède
(05.03) et la Norvège (09.03) à Rotterdam. Seule l'équipe qui terminera
première de ce groupe décrochera son ticket pour Rio. Un beau combat en
perspective.
Avant de s'envoler pour les Pays-Bas, Gaëlle
Thalmann (30 ans) a évoqué les défis qui attendent l'équipe nationale.
La Bulloise est également revenue avec franchise sur son transfert de
Bâle à la Fiorentina réalisé cet hiver.
"Montrer trois bonnes performances en dix jours"
RTSsport.ch: Comment abordez-vous ce tournoi de qualification pour les Jeux olympiques?
GAËLLE THALMANN: On sait que cela va être difficile, car on va affronter des adversaires de qualité, qui sont devant nous au classement FIFA (réd: la Suisse est 20e, la Suède 8e, la Norvège 10e et les Pays-Bas 12e).
Par contre, nos derniers résultats et nos dernières prestations
montrent qu'on a encore progressé. On espère donc pouvoir montrer trois
bonnes performances en l'espace de dix jours et se qualifier.
RTSsport.ch: L'an
passé, vous avez notamment battu la Suède en amical et tenu en échec la
Norvège à l'Algarve Cup. Quelles sont vos chances de passer selon vous?
GAËLLE THALMANN: Les
matches amicaux, c'est quand même différent. Mais ce sont des
performances qui font du bien au moral, qui nous montrent qu'on peut
rivaliser avec les meilleures. Cela se jouera certainement à peu de
choses. Il va falloir qu'on montre notre potentiel sur le terrain et
qu'on soit prêtes tant au niveau physique que mental. Malgré tout, je
pense qu'on a de bonnes chances de se qualifier.
RTSsport.ch: Comment vous êtes-vous préparées pour ce tournoi?
GAËLLE THALMANN: On
est la seule sélection à ne pas avoir joué depuis décembre. A la place
des matches amicaux, on a fait un camp en Espagne en janvier. Notre
coach (réd: Martina Voss-Tecklenburg) a préféré nous réunir
pour peaufiner des aspects physiques et tactiques. On s'est préparées
intensivement, en faisant en général deux entraînements par jour et en
analysant le jeu de nos adversaires et nos performances. Notre coach
nous dit toujours de nous concentrer sur nous. Si nous nous concentrons
sur notre jeu, c'est l'adversaire qui devra s'adapter et pas nous!
RTSsport.ch: Outre
les JO, vous êtes bien parties pour vous qualifier pour l'Euro 2017 aux
Pays-Bas. Avec quatre succès en quatre matches, vous avez déjà un
demi-billet en poche...
GAËLLE THALMANN:
C'est vrai qu'on a très bien commencé cette campagne, mais on doit
confirmer nos performances lors des matches retour pour réussir à nous
qualifier. On va dire qu'on a fait un premier bout du travail.
RTSsport.ch: Quel regard portez-vous sur votre campagne de qualification jusqu'ici?
GAËLLE THALMANN:
Au niveau des résultats, c'est ce qu'on voulait. Quatre matches, quatre
victoires: on ne pouvait pas faire mieux. Mais il y a toujours quelque
chose à améliorer comme notre efficacité. On aurait pu marquer plus de
buts au vu de nos occasions (réd: 20 buts marqués, 2 encaissés).
On a parfois montré des lacunes en défense. Cela n'a pas porté à
conséquence, mais contre des adversaires plus fortes, on aurait pu le
payer cher.
RTSsport.ch: La Coupe du monde 2015 au Canada, l'Euro 2017 qui vous tend les bras.... Où situez-vous les Jeux olympiques?
GAËLLE THALMANN:
Dans le foot féminin, les JO ont peut-être un peu plus d'importance que
chez les hommes, qui sont représentés par les équipes M21. Pour nous,
c'est clair, c'est un objectif d'y aller. C'est un grand tournoi avec de
grandes équipes. En plus, c'est au Brésil, le pays du foot, c'est
exceptionnel! Et à mon âge (réd: 30 ans), je risque de ne pas avoir une
deuxième fois cette chance (rires)! Que cela soit la Coupe du monde,
l'Euro ou les JO, c'est extraordinaire. Je ne fais pas de différence.
J'ai vraiment envie d'y participer.
"Je n'ai pas régressé en allant à Bâle"
RTSsport.ch: Plusieurs
défis vous attendent avec l'équipe de Suisse, mais aussi en club avec
la Fiorentina. Pourquoi avoir rejoint la "Viola" cet hiver?
GAËLLE THALMANN:
J'ai eu cette proposition de la Fiorentina, qui cherchait une nouvelle
gardienne pour se renforcer. L'équipe a été reprise par le club masculin
de la Fiorentina cet été donc elle est encore un peu en phase de
rodage. Mais j'ai tout de suite remarqué que c'est un grand club. Je
n'ai jamais vu une organisation comme celle-là en Italie. De ce côté-là,
ils n'ont rien à envier aux grands clubs de foot féminin. J'ai
également trouvé un groupe de qualité, qui a envie de gagner et de
progresser. Cela m'a poussée à accepter l'offre.
| Gaëlle Thalmann évolue depuis cet hiver avec la Fiorentina. [ACF Fiorentina - SRI] |
RTSsport.ch: Le championnat suisse ne vous convenait-il plus?
GAËLLE THALMANN:
C'est vrai que le championnat italien est plus fort que celui de
Suisse. Mais je ne pense pas avoir régressé en allant à Bâle. Au
contraire, j'ai beaucoup progressé au premier tour grâce à Marisa
Brunner, la coach des gardiennes. Par contre, il y a eu quelques
problèmes à l'intérieur du groupe. J'en ai tiré les conséquences.
RTSsport.ch: Quel genre de problèmes avez-vous connu?
GAËLLE THALMANN: Ce
n'était pas des problèmes au niveau sportif, bien au contraire, mais
plutôt des problèmes personnels. J'aurais eu envie de continuer à
travailler avec la nouvelle coach (réd: Susanne Gubler), mais
quand un vestiaire ne fonctionne pas et lorsqu'on ne se sent pas bien...
Je n'avais pas le sentiment que cela puisse s'améliorer. J'ai préféré
partir en Italie.
RTSsport.ch: Revenons à l'Italie justement. Quelles sont les ambitions de la Fiorentina pour cette saison?
GAËLLE THALMANN: Comme
c'est la première année, les dirigeants veulent voir comment cela se
passe dans le foot féminin. Mais c'est clair qu'ils n'ont pas repris la
section féminine pour faire de la figuration! Notre objectif est de nous
qualifier pour la Ligue des champions. Il faudra qu'on décroche la
première ou la deuxième place. Trois équipes sont devant nous: Vérone,
Mozzanica et Brescia. C'est très serré. Le classement change chaque
week-end. Je pense que cela sera ouvert jusqu'à la fin, car il reste pas
mal de confrontations directes. On ne manque donc pas d'objectifs cette
année!
Propos recueillis par Jennifer Ballmer - @jenni_ballmer
Encadré:
"Le niveau est un peu meilleur en Italie"
RTSsport.ch: Quelles sont les différences entre le championnat suisse et italien?
GAËLLE THALMANN: Le rythme est un peu plus élevé en Italie. Le foot italien, c’est aussi très tactique et technique. Par rapport à l’Allemagne, le jeu est peut-être moins physique. Il y a également quatre très bonnes équipes qui luttent pour le titre. En Suisse, il y a juste Neunkirch qui met des bâtons dans les roues de Zurich. Avec Bâle, on voulait jouer pour le titre, mais il y avait une énorme différence sur le terrain avec Zurich et Neunkirch. Le niveau est un peu meilleur en Italie.
RTSsport.ch: Qu'en est-il des structures?
GAËLLE THALMANN: Ici, c’est mieux organisé. Autour de l’équipe, il y a un énorme staff que cela soit au niveau administratif, médical ou des entraîneurs. Le président de la section féminine est toujours là. Il vient régulièrement à nos matches, même à Udinese ou à Turin, qui se trouvent quand même à plusieurs heures de voiture. Les dirigeants essayent de faire les choses bien. Ils nous font par exemple jouer dans un stade plus grand pour les matches importants pour qu’il y ait un peu plus de public.
GAËLLE THALMANN: Le rythme est un peu plus élevé en Italie. Le foot italien, c’est aussi très tactique et technique. Par rapport à l’Allemagne, le jeu est peut-être moins physique. Il y a également quatre très bonnes équipes qui luttent pour le titre. En Suisse, il y a juste Neunkirch qui met des bâtons dans les roues de Zurich. Avec Bâle, on voulait jouer pour le titre, mais il y avait une énorme différence sur le terrain avec Zurich et Neunkirch. Le niveau est un peu meilleur en Italie.
RTSsport.ch: Qu'en est-il des structures?
GAËLLE THALMANN: Ici, c’est mieux organisé. Autour de l’équipe, il y a un énorme staff que cela soit au niveau administratif, médical ou des entraîneurs. Le président de la section féminine est toujours là. Il vient régulièrement à nos matches, même à Udinese ou à Turin, qui se trouvent quand même à plusieurs heures de voiture. Les dirigeants essayent de faire les choses bien. Ils nous font par exemple jouer dans un stade plus grand pour les matches importants pour qu’il y ait un peu plus de public.
Torres et Potsdam, deux excellents souvenirs
RTSsport.ch: Vous avez souvent changé de club au cours de votre carrière. Comment l'expliquez-vous?
GAËLLE THALMANN: Ce n'était pas forcément dans mes intentions de changer régulièrement de club. Le côté positif est que cela m'a permis de connaître d’autres villes, d'autres cultures et d’autres philosophies d’entraînement. Au début de ma carrière, j'ai changé de club pour progresser. Ensuite, il y a eu des équipes où je ne jouais pas donc j'ai préféré partir. Il y a des clubs où je serais volontiers restée comme à Torres, mais le club a connu une faillite. Ce n'est pas toujours facile de déménager, de recommencer à zéro à chaque fois. J'étais revenue en Suisse pour avoir un peu plus de stabilité, mais malheureusement, cela ne s’est pas très bien passé. J’espère en avoir ici!
RTSsport.ch: Y a-t-il une équipe qui vous a plus marquée qu'une autre?
GAËLLE THALMANN: Je dirais Potsdam et Torres. J'y ai gagné mes deux titres de championne. C’était une ambiance très familiale, c’était un groupe uni. A Potsdam, j’étais souvent remplaçante. Ce n'était évidemment pas facile de ne pas jouer, mais j’ai très bien vécu avec le groupe. D’ailleurs j’ai encore des contacts avec certaines joueuses. Ce sont des endroits où je me suis bien sentie. C’est aussi pour cela que je suis revenue en Italie. J’ai compris que le style de vie italien me correspondait assez bien (rires)!
GAËLLE THALMANN: Ce n'était pas forcément dans mes intentions de changer régulièrement de club. Le côté positif est que cela m'a permis de connaître d’autres villes, d'autres cultures et d’autres philosophies d’entraînement. Au début de ma carrière, j'ai changé de club pour progresser. Ensuite, il y a eu des équipes où je ne jouais pas donc j'ai préféré partir. Il y a des clubs où je serais volontiers restée comme à Torres, mais le club a connu une faillite. Ce n'est pas toujours facile de déménager, de recommencer à zéro à chaque fois. J'étais revenue en Suisse pour avoir un peu plus de stabilité, mais malheureusement, cela ne s’est pas très bien passé. J’espère en avoir ici!
RTSsport.ch: Y a-t-il une équipe qui vous a plus marquée qu'une autre?
GAËLLE THALMANN: Je dirais Potsdam et Torres. J'y ai gagné mes deux titres de championne. C’était une ambiance très familiale, c’était un groupe uni. A Potsdam, j’étais souvent remplaçante. Ce n'était évidemment pas facile de ne pas jouer, mais j’ai très bien vécu avec le groupe. D’ailleurs j’ai encore des contacts avec certaines joueuses. Ce sont des endroits où je me suis bien sentie. C’est aussi pour cela que je suis revenue en Italie. J’ai compris que le style de vie italien me correspondait assez bien (rires)!
Source: http://www.rts.ch/sport/invite/7524631-foot-gaelle-thalmann-ne-veut-pas-laisser-filer-un-billet-pour-rio.html, Jennifer Ballmer, 01.03.2016.
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